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Çorum – Bogazkale –
Alacahöyük
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Si vous avez 3 jours de libre (4 c’est mieux) voici une idée
d’escapade dépaysante. Il n’est pas nécessaire de programmer longtemps à l’avance ce voyage. Une réservation par téléphone vous garantira une chambre d’hôtel à Çorum (il y a au moins 5
hôtels confortables). Par contre l’hôtel le plus près des sites à visiter : Mavi Ocak Otel près de Sungurlu est souvent réservé par des agences touristiques, il est donc difficile d’y
trouver de la place.
Il faut compter 6h30 pour se rendre à Çorum, disons 7h en comptant la pose détente. On arrive à Ankara en 3h30 par le tunnel de Bolu (près de 3kms), inauguré le 23 janvier 2007 pour la
voie Istanbul-Ankara et le 8 mai 2007 pour celle d’Ankara-Istanbul. On prend ensuite la direction de Samsun. Cette ancienne route Ankara-Samsun est en train de subir une cure de
rajeunissement. De grandes portions sont opérationnelles. Les travaux sont en cours sur les quelques tronçons encore à double sens.
Entre Kirikkale et Sungurlu, le paysage défile, magnifique...
Il faut consacrer quelques heures de visite à la ville de Çorum, provinciale mais animée, qui fait son possible pour sauvegarder son patrimoine architectural ottoman
et seldjoukide et sa réputation de capitale du pois chiche. On trouve ici des « leblebi » à toutes les sauces… Du classique simplement grillé (pas si simple que ça en fait : voir
encadré) aux dragées chocolatées en passant par la gourmandise du lieu : le pois chiche enrobé de miel et sésame...
Le parc national de
Bogazkale-Alacahöyük
Alacahöyük est à 45kms de Çorum. Probablement 1ere capitale
des envahisseurs Hittites, Ku?ara a été identifiée sur ce site, territoire des Hatti où une fusion culturelle des deux civilisations a eu lieu.
Treize tombes royales de la période du Bronze Ancien (vers 2300 av. J.C.) ont été découvertes. Elles contenaient des objets en or, argent, électrum et en bronze tels que statuettes,
vaisselle rituelle, bijoux et accessoires, des armes, ainsi que des étendards en forme de disques solaires. Les plus belles pièces sont exposées au Musée des Civilisations Anatoliennes
à Ankara, mais quelques unes sont visibles au musée local du village qui expose également les premiers matériels des fouilles, des céramiques datant de l’ère chalcolithique, des
tablettes couvertes d’écritures cunéiformes de l’époque hittite et des photographies relatant la découverte des tombeaux des treize rois hatti.
Durant la période hittite, la cité était protégée par de
puissantes fortifications percées de portes monumentales dont la plus impressionnante est la Porte des Sphinx.
34kms plus au sud, à proximité du village de Bogazkale,
Hattousa, la nouvelle capitale des Hittites à partir du XVIIIe siècle av. JC.
Vers la fin du XIXe siècle av. JC., les princes de Kusara montrèrent leur suprématie sur les autres peuples installés en Anatolie: le roi Pithana et son fils Anitta vainquirent les rois
de Hattusa et s’installèrent à leur place. La cité exerça une influence considérable en Anatolie et dans le nord de la Syrie.
Ce site est inscrit au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO.
La capitale de l’empire hittite se caractérise par ses constructions monumentales et ses impressionnantes fortifications. Ces dernières reposaient sur un rempart de terre recouvert de
pierres taillées. Le mur proprement dit, devait être fait de briques crues renforcées par des poutres de bois. Tous les 30 mètres environ, une tour rectangulaire s’avançait en saillie,
comme le montre cette partielle reconstitution.
Les portes principales, en bois recouvertes de bronze, étaient
flanquées de grandes tours. Les jambages de ces portes étaient décorés de sculptures : la porte des lions et la porte royale ornée du relief du dieu de la guerre, Calcone). Un deuxième
jeu de portes côté intérieur achevait de constituer une sorte de sas de sécurité.
Le passage souterrain de Yerkapi constituait une poterne de près de 83m de long et passait sous les remparts.
Au sud de la citadelle, à Nisantas, se trouve une inscription gravée sur un rocher de la chambre des hiéroglyphes. Cette inscription donne la généalogie du roi hittite, Suppiluliuma II,
contemporain du pharaon Aménophis IV. Si l’écriture cunéiforme était principalement utilisée sur les tablettes qui ont permis de connaître partiellement la vie des hittites, les
hiéroglyphes ornaient plutôt les monuments.
Suite à l’invasion des peuples de la mer au XIIe siècle av. J.-C. et la destruction de la ville par le feu, le site restera plusieurs siècles abandonné avant d’être réoccupé par des
Phrygiens au VIIe siècle av. J.-C.
À moins de deux kilomètres au nord-ouest d’Hattusa, au
lieu-dit Yazilikaya, se trouve un sanctuaire rupestre. Il fut réalisé au XIIIe siècle av. J.-C. probablement par le roi Hattusili III. Son fils Tudhaliya IV s’y est fait représenter
dans la galerie et dans une des chambres avec le dieu de la fertilité Sarruma (nommé parfois Telebinu), fils du dieu de l’orage, Teshub (ou Tarhunt) et de son épouse,
Hébat.
Dans l’autre chambre, un relief représente douze dieux
défilant en procession. Ils portent une coiffure conique, un glaive à lame courbe et des chaussures à bouts relevés. Ces dieux n’ont pas été identifiés avec certitude. Les Hittites
eux-mêmes parlaient de leurs «mille dieux» et en adoptaient de nouveaux au gré des conquêtes.
De retour à Çorum, la visite du musée est incontournable.
L’imposant bâtiment construit en 1914 abritait à l’origine un hôpital puis par la suite différentes institutions éducatives. Un incendie l’endommageât en 1988 et sa restauration
commençât l’année suivante. Ce n’est que le 11 mars 2003 que le nouveau musée fut inauguré dans ces locaux. Les collections archéologiques se trouvaient auparavant dans un autre
bâtiment du centre-ville, depuis octobre 1968.
Les visiteurs ne se bousculent pas et le gardien est vigilant.
De nombreuses vitrines comportent une affichette précisant que les photos sont interdites…Et pas question d’enfreindre les consignes. La surveillance est rapprochée
!
En soirée un dîner au Velipa?a Kona?y s’impose. Construit en
1923 - 1924 et récemment restauré, les nombreuses pièces du « konak » servent de salles de restaurant où sont servi des spécialités de la région : ke?ke? (plat à base de viande, de pois
chiches et de blé réduits en purée), hingal (manti de Çorum), iskilip dolma, gül burma...
Un jour de plus serait
nécessaire pour voir Sapinuva, autre site hittite, le canyon d’Incesu et les paysages des alentours ...
Mais il faut repartir vers Istanbul. Les peupliers dressent leurs flammes de bougies allumées par l’automne et les remorques des tracteurs, débordantes de betteraves, s’alignent devant
la fabrique de sucre de Çorum...
Au printemps, cette échappée touristique peut avoir d’autres charmes et avec un peu de chance offrir le spectacle d’un vol de cigognes
noires…
Fabrication du « leblebi »
La préparation des « leblebi »
se fait à partir de pois chiches préalablement calibrés. Ils sont grillés sur un appareil de cuisson constitué de briques recouvertes de torchis sur lequel est posé un récipient en
métal chauffé par les braises d’un bois ne produisant pas de suie, afin d’éviter de donner un goût désagréable.
La torréfaction se fait en plusieurs étapes : Grillés une première fois, ils sont mis encore chauds dans des sacs en toile de jute où ils restent deux jours. Puis de nouveau grillés et
remis dans des sacs encore deux jours, ils sont ensuite étalés dans un endroit sec pendant quinze à vingt jours. Avant la troisième torréfaction, ils sont humidifiés et mis de nouveau
dans des sacs pour une journée. C’est au cours de cette étape que le pois chiche perd sa peau.
Après un ou deux jours, il est prêt à subir la dernière torréfaction, celle qui se fait par petites quantités, juste avant de tendre au client le sachet en papier rempli de leblebi tout
chaud... C’est à ce stade qu’il peut être aussi aromatisé, salé, ou encore enrobé de sucre, de miel ou de chocolat par des fabricants de bonbons. Les leblebi de Çorum doivent leur
réputation au savoir-faire ancestral des fabricants de la ville.
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