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Culture

Mardi 10 novembre 2009
L'Histoire chronologique du cinéma Turc. (1914-1988)

Il n'est pas douteux que chaque pays a une histoire sur le cinéma. Certes, il faut la constater par des documents. L'histoire officielle du cinéma, avec le nom cinémaphotographique d'autrefois, selon les documents, commence le 22 décembre 1895. Deux jeunes hommes Français, Les Frères Lumière organisèrent une présentation au Grand Café, sur le boulevard Capucines à Paris, et ainsi naît l'histoire officielle du cinéma mondial.

Quant à l'entrée du cinéma en Turquie, d'après les sources différentes, c'est au Palais de l'étoile (Yıldız Sarayı) qu'il commence par des présentations en public. Par exemple, la présentation du film en public, par un juif Polonais d'origine Romaine, Sigmund Weinberg, dans le salon du bistrot, nommé Sponeck, est une source bien sérieuse à ce sujet. La date de cette présentation est 1897.



Pour continuer cette plaisante lecture allez à ce lien...
http://www.kulturturizm.gov.tr/FR/BelgeGoster.aspx?4C64CBA40EAEACBD1A9547B61DAFFE2A2EEF4E4DEC7973E7
Par Gini-Meryem/gini-ninie
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Dimanche 25 octobre 2009

Pierre LOTI , le turcophile

(14 janvier 1850-10 juin 1923 )

Par le Prof. Dr.Sevim SÖNMEZ
Prof. Dr.Sevim SÖNMEZ , Directeur du Département de Langue et de Littérature françaises
 de la Faculté des Lettres de l’Université « Karaelmas » de Zonguldak (Turquie) .



Je tiens avant tout à remercier les organisateurs de cet éminent colloque de nous avoir invités à présenter Pierre LOTI tel qu’il était .

La présence même aujourd hui de nombreux participants et auditeurs prouve s’il en est besoin combien la Turquie reste fidèle à LOTI , un grand ami des Turcs .

Et en ce sens , je voudrais vous parler brièvement de LOTI tel que nous le connaissons .

Selon moi, un événement peut être porteur d’une signification très large. Il peut en effet constituer un symbole , un signe , une attitude par exemple. Tel est je crois le cas de LOTI , pour la Turquie à la fin du XIX e et au début du XX e siècle.

LOTI, ardent défenseur de la Turquie contre certains pays occidentaux , voire contre son propre pays, a voulu affirmer sous forme d’action quelques vérités importantes à propos de la Turquie qu’il considérait comme sa seconde patrie.

Il a suivi une ligne de conduite tracée à travers toute son existence et en a assuré la mystérieuse continuité . Il détestait ceux qui se montraient opposés à la Turquie et aux Turcs. Il s’est toujours montré un grand turcophile . Grâce à notre Ministère de la Culture , j’ai eu l’occasion de traduire en turc des lettres qu’il avait écrites à ses amis, notamment à Louis BARTHOU et à son épouse . Cela m’a donné l’occasion de mieux connaître Loti et de mieux le comprendre. Plus je lisais ses lettres, plus l’admiration que j’éprouvais à son égard croissait .

Aucun écrivain de son temps, à l’exception de Lamartine, ne s’est montré plus libre, plus sérieux , aimable et courageux par rapport à la Turquie agonisante.

Il n’a pas été seulement de l’ami de l’Empire ottoman mais il a défendu en outre l’existence même de la Turquie au lendemain de la Première Guerre mondiale , en ayant bien compris les enjeux de la Guerre d’Indépendance turque . Il a témoigné son soutien à ceux qui exigeaient la révision de l’injuste Traité de Sèvres .Il a toujours témoigné un désir sincère de corriger les idées fausses de certains Occidentaux vis-à-vis de la Turquie et grâce à aux efforts considérables qu’il a déployés, il a réussi dans son entreprise.

LOTI que l’on connaît notamment comme marin et écrivain, était aussi dessinateur , photographe , journaliste et épistolier . Homme de mémoire et de réminiscence, obsédé par la fuite du temps , il a essayé, sans jamais s’arrêter, de retenir les moments vécus, en accumulant notes , souvenirs , objets , photos , témoins de son enfance, de ses voyages , de ses rencontres, de ses humeurs et ses passions ... Tout lui était d’ailleurs prétexte à se souvenir , par exemple une fleur cueillie en un endroit particulier, un parfum , un ciel couvert ou éclatant , un objet oublié au fond d’une armoire .

A ce sujet, l’historien Orhan KOLOĞLU dit de lui :LOTI est un rêveur épris d’exotisme , un romantique attardé qui a mené un combat en faveur de la dignité et des droits de l’homme.

LOTI , quant à lui , avait toujours envie de fixer sur la pellicule photographique les différents endroits où il avait vécu , les découvertes faites durant ses voyages -surtout en Turquie , entre autres les paysages du Bosphore qui le marquaient.

Il s’est mis vraiment à la photographie à partir de 1890 et a pris l’habitude de ramener de ses voyages de nombreux clichés . On garde ainsi de lui des reportages très vivants et de grande qualité esthétique sur Istanbul.

LOTI ne peut être comparé à nul autre . Son oeuvre est pleine de nuances et de contradictions, de rythmes subtils, de sonorités exotiques . Les mots chez lui ont l’ingénuité, la transparence et la tiédeur d’un gazon fraîchement coupé . Leur parfum, leur calme sont là pour rappeler l’averse récente, l’orage à peine dissimulé , l’angoisse sous-jacente .

On sent l’implosion et non l’explosion. L’intimisme tient lieu d’absolu ; l’exotisme fait valoir la différence . La morale du regard a des enthousiasmes impressionnistes, cette morale sait aussi, en ses intuitions subtiles, porter la bonne parole du monde, mais si lumineuse comme un ciel tout clair, tout bleu ; il reste une fragrance puissante, la couleur vraie , c’est la sincérité.

Voyons maintenant son remarquable style :

SCENE D’ADIEU

Le jeune matelot Sylvestre a été désigné pour aller combattre en Chine . Sa grand-mère est venue lui faire ses adieux à Brest . Elle repart pour son village

Pour économiser , ils s’étaient rendus à pied à la gare , lui portant son carton de voyage et la soutenant de son bras fort sur lequel elle s’appuyait , de tout son poids . Elle était fatiguée , fatiguée , la pauvre vieille . Elle n’en pouvait plus ...

A l’idée que c’était fini , que dans quelques minutes il faudrait le quitter , son coeur se déchirait d’une manière affreuse . Et c’était en Chine qu’il s’en allait , là-bas , à la tuerie . Elle l’avait encore là avec elle . Elle le tenait encore de ses deux pauvres mains et cependant il partirait : ni toute sa volonté , ni toutes ses larmes , ni tout son désespoir de grand-mère ne pourraient rien pour le garder !

Embarrassée de son billet , de son panier de provisions , agitée , tremblante , elle lui faisait ses recommandations dernières , auxquelles il répondait tout bas par de petits « oui » bien soumis , la tête penchée tendrement vers elle , le regardant avec ses bons yeux doux , son air de petit enfant.

Allons , la vieille , il faut vous décider , si vous voulez partir ! La machine sifflait . Prise de la frayeur de manquer le train elle lui enleva des mains son carton, puis laissa retomber la chose à terre , pour se prendre à son cou dans un embrassement suprême.

Un grand coup de sifflet , l’ébranlement bruyant des roues , la grand-mère passa . Lui , agitait avec une grâce juvénile son bonnet à rubans flottants et elle, penchée à la fenêtre de son wagon de troisième, faisait signe avec son mouchoir pour être mieux reconnue . Si longtemps qu’elle put, si longtemps qu’elle distingua cette forme bleu-noir qui était encore son petit fils , elle le suivit des yeux , le jetant de toute son âme cet « au revoir » toujours incertain que l’on dit aux marins quand ils s’en vont.

Regarde-le bien pauvre vieille femme , ce petit Sylvestre , jusqu’à la dernière minute , suis bien sa silhouette fuyante , qui s’efface là-bas pour jamais .

Pierre LOTI. Pêcheur d’Islande.

En ce sens, Anatole France, lisant le Roman d’un enfant ressentait de la frustration: « Je sens qu’il n’a pas dit toute la vérité . Il a gardé le secret de certains travaux obscurs de son être naissant . Il n’a pas assez expliqué son âme et sa chair . Il n’a pas tout avoué à l’exemple de Confessions de J.-J. Rousseau . »

Et LOTI, lui avait répondu, offusqué : « Vous vous trompez et je crains que vous ne me jugiez plus sensuel et plus pervers que je ne suis . Je vous assure que j’ai à peu près tout dit dans ce livre d’enfance . Dans le milieu austère où j’ai été élevé , je suis resté longtemps un enfant très pur . Je ne mérite pas votre reproche. »

Avant de terminer mon exposé je voudrais vous parler de la lettre que Mustafa Kemal Pacha a adressée en personne, le 4 Septembre 1921 , à LOTI et qui lui a été remise à Rochefort en même temps qu’un tapis d’une grande valeur symbolique .

« La Grande Assemblée nationale de Turquie a considéré comme étant de son devoir de profiter de son représentant à Paris pour faire parvenir encore une fois au Grand et Noble Ami des Turcs, l’expression de ses sentiments de dévouement et de reconnaissance .

Le tapis qui accompagne cette lettre a été tissé au milieu de leurs larmes par des orphelines dont les pères sont tombés en martyrs dans la lutte pour l’Indépendance ; il est destiné à témoigner de la profonde et inaltérable amitié du peuple turc envers l’illustre Maître qui , de sa plume magique, a dans les plus sombres jours de son histoire , défendu ses droits.

Nous vous prions de bien vouloir agréer notre cadeau dont l’humble valeur consiste uniquement en ce qu’il témoigne des sentiments de gratitude que nous ressentons envers le Grand et Magnanime Français , Ami et Défenseur du Droit . »

En dernier lieu, pour conclure, je peux mentionner qu’il y avait eu du vent d’amitié inoubliable de LOTI : c’était celui de la turcophilie de LOTI .

Souhaitons qu’il y ait encore d’autres écrivains comme lui , au vingt -et-unième siècle !

BIBLIOGRAPHIE
LOTI Pierre : Aziyadé, éd.originale sans nom d’auteur , Paris, Calmann-Lévy ,1879.

LOTI Pierre : Constantinople en 1890 , Paris , Hachette , 1892 .

LOTI Pierre : Les Désenchantées , Paris , Calmann-Lévy , 1906 .

LOTI Pierre : Fantôme d’Orient , Paris , Calmann-Lévy , 1892 .

LOTI Pierre : Turquie Agonisante , Paris , Calmann-Lévy , 1913 .

LOTI Pierre : Pêcheur d’Islande , Paris Calmann-Lévy , 1896 .

QUELLA-VILLEGER Alain : La Politique Méditerranéenne de la France (1870-1923)
Harmattan , Paris , 1991 .

QUELLA-VILLEGER Alain : Pierre LOTI , Le Pélerin de la Planète , Aubéron ,
Bordeaux , 1998 .

Par Gini-Meryem/gini-ninie
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Jeudi 18 décembre 2008

Le comité en charge de préparer Istanbul à devenir la Capitale européenne
de la Culture en 2010 a levé le voile, hier, sur une partie des projets qui
animeront la ville turque. Rem Koolhaas, Norman Foster et Renzo Piano
sont les architectes choisis pour travailler à la transformation du quartier
populaire de Yenikapi autour d’un nouveau parc archéologique exposant
les découvertes du port antique d’Eleuthérion.

A noter également que les arts plastiques seront à l’honneur, avec la
préparation de vingt expositions itinérantes chargées de diffuser l’art
contemporain jusque dans les secteurs les plus périphériques de la métropole.

http://www.istanbul2010.org/en/

Par Gini-Meryem
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Mardi 2 décembre 2008
La poésie chantée populaire, accompagnée par des instruments à cordes, est de tout temps une forme vivace du lyrisme turc ; avec le mâni (couplet de quatre vers à sept syllabes, avec rime unique), ce sont les thèmes de l'amour, du destin, de la mort et de la nostalgie qui s'affirment. Les lamentations funèbres (agit), souvent improvisées, relatent des événements dramatiques. On y recourt fréquemment, comme au destan (chant épique), qui peut durer plusieurs veillées. Il faut encore mentionner les contes (masal), les contes facétieux, les comptines (tekerleme), genres qui permettent un débridement imaginatif, allant du comique au fantastique, et qui, venus de loin dans le temps et dans l'espace, relèvent du folklore.

Deux figures marquantes symbolisent cette division culturelle dès les débuts de la littérature turque en Anatolie. La première est celle de Mevlana Celâleddin Rûmi [Djalal al-Din Rumi] (1207-1273), animateur prestigieux d'un mouvement mystique, le mevlevisme, qui composera ses chefs-d'œuvre, le Mesnèvî et le Dîvan de Shams de Tabriz en persan ; l'autre personnage clef de la littérature turque est Yunus Emre qui contribua de façon décisive à fixer la langue poétique. Ce derviche (moine mystique musulman)créa une poésie lyrique d'extase et d'inquiétude par une sublimation du langage quotidien qui correspondait à la ferveur populaire frondeuse spontanée de son époque. Par ailleurs, il faut mentionner Haci Bektas (XIIIe s.), initiateur de la confrérie des bektasi dont l'influence s'exerça par voie orale d'abord puis par le Vilayetnâme (Livre saint), manuscrit tardif, décrivait la vie légendaire du saint personnage. Un des premiers représentants de cette poésie contestataire, par rapport au rigorisme musulman, est Kaygisiz Abdal, poète derviche de la fin du XIVe siècle.



La poésie du Dîvan

A partir de la prise d'Istanbul, le sérail de Mehmet II le Conquérant devint un pôle d'attraction pour les poètes arabes et persans ; une littérature qui se voulait d'élite se reforma à partir d'une langue composite, le turc-osmanli (turco-arabo-persan). Malgré cette orientation cosmopolite, une littérature turque persista dans les milieux citadins qui créèrent en türk-i basit (" simple turc ") des œuvres intéressantes telles que le Kâbusnâme , ou Livre de préceptes (1426), en prose de Mercimek Ahmet, ou la poésie de Nazmi ( ?-1554). Avec la traduction et l'assimilation des œuvres persanes de première importance ('Attar, Sâdi), L'influence persane perturbe le génie de la langue turque, aussi bien dans sa structure que dans son vocabulaire, du fait que cette métrique est fondée sur des voyelles longues et brèves tandis que le turc n'en possède que des ouvertes et fermées. En outre, l'entité de la poésie du Dîvan, qui comprend des formes telles que les kaside , mesnevî , gazel , impliquait un système de métaphores, de symboles et de concepts codifiés qui a pesé sur la personnalité des poètes turcs.

La littérature fastueuse du XVIe siècle impose sa langue et son esthétique élaborée grâce à des poètes prestigieux. Le poète Fuzulî (1495-1556) vivant à Bagdad, éclipsé aux yeux du Palais et des lettres d'Istanbul par son éloignement et ses affinités chiites. Le lyrisme et la perfection formelle de son œuvre ont eu un énorme éclat; son Leylâ ve Medjnûn (Leylâ et Medjnoûn) eut un rayonnement étendu et durable.



La tradition populaire

La tendance opposée - par la langue, la métrique, la conception et les objectifs - se maintint malgré tout l'éclat de la poésie du Dîvan. Dans la lutte compliquée qui opposa les chiites aux sunnites, l'Iran safevide à la Turquie ottomane, les masses paysannes et nomades à leurs seigneurs Hataî (chah Ismail, 1486-1524) et Pîr Sultan Abdal (XVIe s.) sont des exemples d'une poésie s'adressant au plus grand nombre, tout en maîtrisant une plénitude poétique qui témoigne d'un grand art. L'œuvre de Pîr Sultan Abdal est un des rares témoignages d'une poésie mobilisatrice contre le pouvoir. Poète et homme d'action, il a, semble-t-il, été pendu à Sivas, mais son chant imprégné de passion et de fierté s'est perpétué parmi les paysans turcs. À la même époque, on constate l'apport des poètes ambulants que l'on appellera les Âsik (ou Amoureux) : sous forme de chants accompagnés par le saz (instrument musical à trois cordes), les Âsik s'exprimeront par des formes poétiques spécifiques telles que le kosma , le güzelleme , le destan et une métrique qui est à dominante syllabique. Cette tradition populaire de la poésie s'est maintenue jusqu'au XXe siècle. Elle compte de prestigieux représentants comme Karacaoglan (1604-1679) célébrant l'amour et la nostalgie des transhumances avec un lyrisme, une franche sensualité et une communion profonde avec la nature. Dadaloglu (XIXe s.) a exprimé dans son œuvre la révolte et le combat des tribus nomades contre le gouvernement impérial qui voulait les sédentariser. Un ton de défi audacieux et d'appel à la lutte caractérise sa poésie rendue dans une langue simple et claire. Depuis 1960, la poésie des Âsik prend davantage un caractère politique ; remplaçant les sujets de l'amour et de la nature par ceux de l'injustice sociale, ces bardes parcourent d'un bout à l'autre la Turquie ainsi que les pays d'Europe où se trouve concentrée une importante immigration ouvrière turque.


Retour au classicisme

Le plus remarquable de cette période est Evliya Çelebi (1611-1685). Avec son journal de voyages en dix volumes, il décrivit ses pérégrinations à l'intérieur de l'immense Empire ottoman. Reportage historique mais aussi œuvre littéraire pleine d'invention, ses notations en langage parlé, la variété de ses expressions, ses phrases nerveuses et souples révèlent un auteur hors pair. Malgré les défaites militaires, les pertes de territoires, les soulèvements sociaux qui ébranlent l'Empire, le XVIIIe siècle est marqué par un épanouissement des arts et des lettres, sous le règne d'Ahmet III et de son grand vizir Ibrahim pacha ; cette période, placée sous le signe de la tulipe qui avait envahi la vie quotidienne, les arts décoratifs et la poésie, fut appelée Lâle Devri (Époque des tulipes).


Littérature du Tanzimat

La littérature du Tanzimat s'affirma surtout par l'emprunt des genres littéraires nouveaux (théâtre, roman, critique et essais, journalisme). Parmi les personnalités de cette période, Ibrahim Sinasi (1826-1871) joua un rôle important dans l'orientation des esprits vers le renouveau. Journaliste prestigieux mais poète médiocre, ses vers classiques sont cependant dépouillés d'artifices et manifestent une optique humaine rationnelle. Par la traduction (1859) d'œuvres de La Fontaine, de Racine, de Lamartine, entre autres, il fraya un chemin aux conceptions poétiques nouvelles. C'est néanmoins en prose qu'il excella. Par un style précis, équilibré, conçu dans une syntaxe nouvelle, articulé par des conjonctions, il contribua dans ses éditoriaux à la transformation de la prose turque. Namik Kemal (1840-1888), poète, romancier, dramaturge, essayiste, s'essaya, lui aussi, à tous les nouveaux genres littéraires. C'est surtout grâce à sa poésie et à sa prose éloquentes et passionnées que les idées de hurriyet (liberté) et de vatan (patrie) mobilisèrent l'opinion publique.Parmi de nombreux écrivains de cette période se distinguèrent Ahmet Mithat (1844-1911), Semsettin Sami (1826-1871), Ahmet Vefik pacha (1823-1891), Ziya pacha (1825-1880). Ces auteurs ont tenté, dans le cadre d'un empire multinational, de développer la prise de conscience nationale des Turcs ; paradoxalement, au lieu de puiser dans les sources populaires, ils empruntèrent les formes et les thèmes à la culture occidentale en rupture avec les vraies traditions du peuple turc.


La Littérature nouvelle

La littérature du Tanzimat fut suivie entre 1896 et 1901 par ce qu'on désignera du terme de Edebiyat-i Cedide , ou Littérature nouvelle. Elle groupa dans la revue Servet-i Fünun (Le Trésor des sciences ) des écrivains qui concrétisent, en les développant, les théories et les ébauches d'occidentalisation de l'époque précédente. Une langue précieuse et artificielle la rend toujours inaccessible au grand public. Tevfik Fikret (1867-1915), figure de proue de ce mouvement, tenta aussi de renouveler la poésie ancienne grâce à une certaine vision directe de la nature et des éléments pris dans la vie quotidienne ; comme Namik Kemal, il avait une haute idée de son rôle de poète, il aspirait au progrès social et combattit le tradionnalisme du Sultan Abdulhamid II. Après la chute de ce dernier (1908), la revue Genç Kalemler (Les Plumes nouvelles ), fondée en 1911, groupa des écrivains qui s'opposaient aux partisans d'une prosodie et d'une langue recherchée. Ziya Gökalp (1875-1924), sociologue, Ömer Seyfettin (1884-1920), nouvelliste, et Hussein Rahmi Gürpinar (1864-1944), romancier, préconisèrent une littérature nationale visant surtout à purifier la langue de ses éléments étrangers ainsi qu'à sa fusion avec le langage parlé. Cependant, durant cette période qui s'étend jusqu'à la fondation de la République turque, en dehors des écrivains précités, les querelles et les œuvres littéraires reflètent très peu les thèmes nationaux ; ainsi Ahmet Hasim (1885-1933) fut l'initiateur d'une sensibilité novatrice dans des formes inspirées par le symbolisme français. Yahya Kemal (1884-1958) a été l'un des derniers à utiliser la prosodie de l'aruz avec maîtrise et à l'adapter à la langue contemporaine, conciliant harmonie et simplicité. Inspirés par la rigueur des parnassiens, ses poèmes expriment, avec une perfection poétique rare, des thèmes historiques et personnels. Il fut considéré comme le fondateur d'un néo-classicisme turc, mais son esthétique et ses thèmes tournés vers un monde en voie de disparition n'ont pas eu de prise sur la jeune poésie contemporaine.


Les contemporains

La littérature turque actuelle n'a pu prendre son véritable essor que grâce à la guerre de l'Indépendance (1919-1922). Avec la proclamation de la République turque (1923) naît un pays nouveau dont il fallait rechercher et définir la personnalité. C'est la connaissance de la vie des paysans anatoliens, dont la participation avait été déterminante pour la libération, et de l'homme du peuple qui a constitué le principal objectif littéraire de la période qui a suivi la libération. Ainsi, à partir des années 1933, les romans turcs ont-ils acquis un contenu plus dense et intégré des procédés plus élaborés. Ce sont les romans de H. E. Adivar (1884-1964), Y. K. Karaosmanoglu (1889-1974), R. N. Güntekin (1886-1956) qui ont commencé à sortir de l'ombre le monde de l'Anatolie. Au caractère souvent sentimental et parfois mélodramatique de ces premières œuvres a succédé le réalisme des écrivains qui se fondait sur l'observation (M. S. Esendal, 1883-1952) et l'analyse sociale de caractère polémique (Sabahattin Alî, 1906-1948). Ces romanciers issus de milieux intellectuels furent suivis d'autres qui étaient d'origine populaire ou qui avaient partagé la vie des paysans et des ouvriers, Orhan Kemal (1914-1970), Tahir Kemal (1910-1973), et surtout par des écrivains paysans qui continuèrent la tendance dénonciatrice en y ajoutant un ton de témoignage vécu : Yasar Kemal (né en 1922), Fakir Baykurt (1929-2000), Mahmut Makal (né en 1930) et tant d'autres, par leur langage dru, leur humanisme attaché au terroir, leur style épique ou lyrique, ont enrichi la langue et le genre romanesque en Turquie. Une deuxième tendance est représentée par Sait Faik (1907-1954) qui décrivit le monde affectif du peuple des grandes villes ; sa vision poétique parfois insolite a eu une certaine influence sur les jeunes prosateurs à la recherche de formes nouvelles. Aziz Nesin (1915-1997), auteur prolifique, le plus populaire des écrivains turcs, reste fidèle aux traditions nationales d'humour. L'animation de la vie scénique s'est considérablement développée jusqu'en 1971, ainsi que la critique littéraire qui, depuis Nurullah Ataç (1899-1957), a vu naître des tendances divergentes mais à dominante marxiste. Comme la prose, la poésie contemporaine a considérablement élargi son audience. L'œuvre de Nazim Hikmet (1902-1963), dont les accents révolutionnaires et profondément humains marquèrent plusieurs générations d'écrivains, domine la littérature turque. Parallèment à ce mouvement Necip Fazil Kisakurek () devient la référence des turcs conservateurs, imprégnés de la nostalgie ottomane.
Par Gini-Meryem
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Lundi 1 décembre 2008

turquie-femme-voildrap.jpg

Qui s'est brûlé avec du lait, souffle sur la crème glacée.

Celui qui cherche la paix doit être sourd, aveugle et muet.

L'homme est plus dur que le fer, plus solide que le roc et plus fragile qu'une rose.

Qui regarde l'orange amère a l'eau à la bouche, qui la goûte, fait la grimace.

Misère n'est pas honte, en avoir honte est misère.

Amoureux est celui qui, en courant dans la neige, n'y laisse pas de traces de ses pas.

Là ou le mouton fait défaut, la chèvre est appelée Majesté.

Ne regarde pas à la blancheur du turban, peut-être le savon était pris à crédit.

Pour l'amour d'une rose, le jardinier est le serviteur de mille épines.

La langue d'un muet vaut mieux que celle d'un menteur.

La mer n'achète pas de poissons.

Quand il faut voler, l'autruche dit : "Je suis chameau". Quand il faut porter un fardeau, elle dit : "Je suis oiseau".

L'avenir ressemble à une femme enceinte ; qui sait ce qu'elle mettra au jour ?

On s'enrichit par la fatigue et plus encore par l'économie.

L'érudition n'est pas la science, de même que les matériaux ne sont pas l'édifice.

Gagne en laboureur pour dépenser en prince.

Ne cherche pas à abaisser le malheureux ; un jour vient où Dieu le relève.

Tout nouveau, tout beau ; mais en mariage, c'est le contraire.

Le miel est une chose, mais le prix du miel en est une autre.

Auprès de ce qui est sec, ce qui est humide brûle.

Il y a des paroles qui ressemblent à des confitures salées.

Si l'animal est reconnaissant, comment l'homme ne le serait-il pas ?

Quand le chariot est brisé, beaucoup de gens vous diront par où il ne fallait pas passer.

"Si" et "Quand" étant plantés, il poussa "Rien".

La beauté est circassienne, la richesse est française, mais la majesté est ottomane.

Tu dis ton secret à ton ami, mais ton ami a un ami aussi.

La nature, qui ne nous a donné qu'un seul organe pour la parole, nous en a donné deux pour l'ouïe, afin de nous apprendre qu'il faut plus écouter que parler.

Ne frappe pas à la porte d'un autre , si tu ne veux pas qu'on frappe à la tienne.

L'homme bon porte son coeur sur sa langue, l'homme prudent porte sa langue dans son coeur.

L'homme est le miroir de l'homme.

Le sage ne dit pas ce qu'il sait, le sot ne sait pas ce qu'il dit.

Si ma barbe brûle, les voisins viennent y allumer leur pipe.

Celui qui mange l'estomac plein, creuse sa tombe avec ses dents.

Le vinaigre trop acide ronge le vase qui le contient.

Ne croyez pas qu'en laissant vos cheveux chez le coiffeur, vous l'avez payé.


L'avenir ressemble à une femme enceinte ; qui sait ce qu'elle mettra au jour ?
Par Gini-Meryem
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